Mardi 20 juin : le début d'une grande aventure

Publié le par Gabriel Rocque

Mardi 20 juin

 

Aïe, Aïe. Le réveil est dur pour tout le monde, puisqu’en plus des courbatures des premiers jours (il faut près de 15 jours pour que le corps s’adapte physiquement au rythme de la fouille, et après les 15 premiers jours le corps est fatigué par le travail harassant et les nuits souvent courtes). C’est d’autant plus dur que notre palace héberge, en sus des archéologues, une dizaine de paons. Le paon est un animal très joli, il faut bien le reconnaître, malheureusement pour nous il doit être de la famille du coq, puisque dès l’aube il pousse son fameux cri « Leooooooooooon ». Et comme un malheur n’arrive jamais seul, il y en a toujours un qui a eu la bonne idée de venir se percher juste au dessus de nos fenêtres (et oui, car les paons volent, on en apprend des choses en faisant de l’archéologie)…

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Tout le monde arrive sur le site un peu vaseux, mais puisque le nettoyage du chantier est terminé, on peut enfin s’attaquer à l’étude des couches archéologiques mises au jour. Plusieurs équipes sont donc constituées :

  

 

Equipe 1, votre mission, puisque vous l’acceptez : le dégagement des parements du mur support de canalisation. C’est un travail beaucoup plus valorisant (notamment pour ceux qui n’ont jamais fouillé) puisque nous voyons petit à petit le mur sortir de sa gangue de terre pour nous apparaître tel que les gallo-romains l’ont vu et l’ont construit.

 

C’est toujours émouvant d’imaginer que depuis près de 2 000 ans les vestiges n’ont pas vu la lumière du jour et qu’ils gardent en eux une certaine mémoire de l’histoire du site que nous allons tenter de percevoir (de manière infime), de comprendre et de restituer.

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Dégagement du mur support de canalisation 

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 Coupe stratigraphique nettoyée

 

 

 

 

 

 

   

  

Equipe 2, quand à vous, vous avez droit au travail le plus ingrat, mais le plus utile : le nettoyage des coupes stratigraphiques. Mais qu’est ce que c’est que ce bazar ?

 

Une coupe stratigraphique ???

Une strati, comme on dit dans notre jargon d’initiés, est une représentation de l’ordre de déposition des couches (ou unité stratigraphique). Un témoin de terre est laissé en place, dont la tranche va être nettoyée puis analysée et dessinée. Chaque couche sera alors décrite et interprétée de la manière la plus précise possible. Une coupe est donc fondamentale puisque c’est un condensé de l’histoire du site. Mais alors pourquoi s’enquiquiner à fouiller un site, si une coupe stratigraphique suffit ? D’abord on ne voit pas tout en coupe, certaines couches ne sont visibles qu’en surface. Ensuite, il est très difficile d’apporter une interprétation définitive à partir d’une simple coupe. Enfin la fouille apporte de nombreuses autres informations (le mobilier archéologique : céramiques, objets… qui permet les datation et les interprétations fonctionnelles)… Sur un chantier de fouille, on croise donc les méthodes : fouilles en surface et coupes stratigraphiques.

 

Equipe 3, puisque vous me regardez les bras ballant, vous allez vous attaquez à ce mystère mystérieux et énigmatique qu’est cette grosse couche de tuile. Pour l’instant on en dégage une petite surface et on verra bien ce qu’il y a dedans.

 

 

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