Bilan de la campagne 2006

Publié le par Gabriel Rocque

Il est temps de dresser un petit bilan rapide de cette campagne fort fructueuse. Les interprétations et analyses de détail n’interviendront que dans un second temps, il s’agira de l’étape de post-fouille.

 Voici donc d’ouest en est (dans le sens contraire de l’aqueduc) :

Le mur support de canalisation et devant lui, le mur parallèle à l’aqueduc reste très mystérieux. Il est attesté que ce mur est détruit au moment de la construction de l’aqueduc. Il est cependant de facture romaine. Reste à déterminer sa fonction. Il ne peut pas s’agir d’un mur de galerie, puisqu’il est détruit au moment du fonctionnement de l’aqueduc. Deux hypothèses restent très hypothétiques : soit il s’agit d’une limite parcellaire, soit il pourrait s’agir d’un marquage préalable du tracé de l’aqueduc, sorte de repère de construction. Mais on peut certainement en imaginer d’autres (à vous de jouer).

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Le pont-canal est quand à lui composé (on le savait déjà) d’un mur de fondation construit jusqu’à la brèche et chargé de soutenir le pont ; d’une alternance de piles, ou plutôt de trous dans le mur de fondation correspondant au négatif des piles toutes récupérés a posteriori (vers le IVe siècle) ; d’une pile en partie conservé (la fameuse PL30013) ; d’inter piles correspondant à l’arase supérieure du mur de fondation ; et enfin de murs de fermeture d’arches permettant de canaliser le public vers deux entrées particulières.

Votre œil désormais aguerri à la pratique archéologique n’aura effectivement pas manqué de remarquer à la jonction entre le pont-canal et le mur support de canalisation l’absence évidente de mur de fermeture d’arche. La dernière arche du pont-canal était donc ouverte et permettait la circulation piétonne.

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Un peu plus à l’est, le pont-canal est constitué des mêmes éléments : mur de fondation, piles récupérées et inter-pile. L’originalité de ce secteur réside dans le présence d’importants niveaux de circulation. Six séries de deux ornières ont ainsi été mise au jour, formant une entrée vers les thermes nécessairement monumentale.

La campagne de fouilles 2007 est donc une réussite totale, d’autant plus nous sommes restés dans les marges autorisées, comme à l’armée, pas plus de 5 % de pertes.

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Nous souhaitons rendre ici un dernier hommage à tous ceux tombé au champ d’honneur, morts pour la science.

Il me faut à présent rendre gloire et honneur à toutes les fouilleuses et fouilleurs (je ne les cites pas tous, ils se reconnaîtront) pour avoir usé leur fond de culottes et leur cerveau pour faire progresser la science. Car oui, l’archéologie est bien une science (j’espère que vous n’en doutez plus désormais), au même titre que la physique, un peu plus molle peut-être, ou moins exacte. Mais nous revendiquons haut et fort notre statut de scientifique.

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