Vendredi 8 juin : dépose des peintures
Aïe ! Malheur à nous ! Les superbes enduits peint dégagés depuis 2 jours commencent déjà à se désagréger et à tomber par plaques. Ils ont été trouvé fragiles et la chaleur participe activement au séchage des plaques, et à leur fissuration.
Dès lors il ne nous reste qu'une seule solution pour éviter de perdre définitivement cet enduit, c'est de pratiquer une dépose immédiate. C'est-à-dire que les enduits vont être décollé du mur et seront ensuite envoyé en restauration.
Pour cela la méthode est assez délicate, elle est souvent réalisée par des conservateur spécialisés dans ce genre d'opérations. Heureusement pour nous, Cyril a déjà pratiquer la dépose de peintures sur une autre fouilles et connaît parfaitement la démarche. Nous consultons malgré tout Sophie, qui est la spécialiste des enduits peints travaillant à Chassenon depuis de nombreuses années.
Le début est relativement simple : il faut solidifier entre elles les plaques d'enduits pour éviter leur désagrément. Pour cela nous collons sur l'enduit deux couches successives de gazes (classique trouvées en pharmacie). Une couche de colle sur les peintures, on pose la gaze, une autre couche de colle par dessus et le tour est joué.
Le produit utilisé comme colle est un mélange d'acétone (70 %) et paraloïd B72 (30 %) qui est un fixatif. Résultat les plaques d'enduits deviennent beaucoup plus solides et les multiples fractures qui existaient n'entraîneront pas la chute en milliard de petit morceau.
Ensuite, selon la même technique (mais avec un mélange de colle 35 % / 65 %) on recouvre le tout d'un drap 100 % coton. Une couche de colle dessous, beaucoup de couches de colle dessus. L'ensemble devient alors de plus en plus solide.
Jusque là ça va, c'était l'étape facile. C'est maintenant que ça va se gâter. Il va falloir décoller les enduits du mur. Heureusement pour nous il y a entre le mur et les enduits eux-mêmes une couche de quelques centimètres de mortier qui permet la fixation sur le mur. Comme nous avons du bol, ce niveau de mortier est assez pourrie et assez terreux.
Nous appliquons donc avec Agnès une planche contre les enduits tandis que Cyril découpe à la scie le mortier entre mur et enduit. Une fois le tout bien couper, il ne reste plus qu'à basculer la planche et ainsi récupérer les plaques d'enduits collée et solidifiée.
Ca à l'air facile comme ça, mais ça n'en reste pas moins une opération très délicate puisque tout mauvais sciage (c'est français ça ?) ou toute manoeuvre un peu brusque peu détruire les plaques d'enduits.
Puisque nous sommes tous trois des gens très adroits (et peut-être très chanceux), tout c'est parfaitement bien passer. 5 plaques ont ainsi été détachées sans problème majeur. Les enduits sont maintenant emballés, prêt à être étudiés et restaurés par des spécialistes. Une fois cette étape terminée, il ne reste plus qu'un mur bien banal tout nu, voir même assez moche puisque recouvert d'une couche de mortier terreux, mais promis on va lui faire une deuxième jeunesse d'ici peu...
Cette expérience a ainsi été pour moi fort enrichissante, quoi qu'un brin stressante. Mais va t on réussir sans problème a enlever ces peintures uniques à Chassenon ? a été la question qui ma réveillé une bonne partie de la nuit. Je vais maintenant enfin pouvoir dormir, au moins jusqu'aux prochains pan d'enduits. Et oui car il en reste, nous n'avons fait qu'une petite partie de la pièce. A suivre donc...