Mercredi 14 juin : décapage 1

Publié le par Gabriel Rocque

Mercredi 14 juin :
 
Aujourd’hui c’est le grand jour, nous attaquons la campagne de fouille 2006. Nous voici tous les trois sur place avec Cécile et Cyril pour commencer les travaux préparatoires.

01.jpg

 
Première étape : admirer l’étendue des dégâts ! Après un an d’absence, depuis la fin de la fouille juillet 2005, les vestiges ont souffert des intempéries et des changements climatiques. Nous voilà donc tous trois par cette belle journée de juin en train de soulever les superbes bâches agricoles noires recouvrant les vestiges, quand soudain surgissent une nuée de cobras surexcités. Comment ça je ne suis pas crédible avec mes cobras ? bon d’accord ce n’étaient sûrement que des vipères, voire même des couleuvres, mais bon on n’était pas très rassuré quand même. Nous voilà donc, armés de pelles, tentant de faire fuir ces attachants reptiles. Malheureusement pour nous, les serpents se trouvent bien ici, au chaud, au creux des vestiges, et ne veulent absolument pas nous laisser la place.
 
Une fois le terrain enfin dégagé des gentils parasites, nous pouvons attaquer la deuxième étape : celle du décapage. Et oui, l’archéologue étant feignant de nature, nous commençons les fouilles avec un petit outil nommé pelleteuse qui nous permet d’enlever rapidement les niveaux les plus récents. Alain, maître pelleteur, va ainsi enlever patiemment pendant trois jours toutes les couches archéologiques qui ne présentent pas d’intérêt pour nous. Sous nos regards vigilants, les vestiges de l’aqueduc vont petit à petit émerger de terre, il ne nous restera plus alors qu’à comprendre ces vestiges, facile…
 
Nous attaquons sereinement le décapage de la nouvelle zone de fouille. Cette année va être facile, nous avons déjà presque tout compris l’année dernière, ça va être du gâteau. L’objectif est d’étendre l’emprise de la fouille sur 70 m, le long de l’aqueduc, de manière à permettre l’implantation du futur bâtiment d’accueil du site de Chassenon dont la construction doit commencer en 2007 justement à cet endroit.

02.jpg
 
Alain, qui maîtrise sa pelleteuse comme les chirurgiens leur scalpel, commence à dégager le mur support de canalisation. Nous attaquons ensuite le décapage des couches situées au sud en enlevant les niveaux récents, les couches de récupération et les couches de destruction déjà en grande partie fouillées l’année dernière.
 
Et là première surprise (cela aurait été trop simple) apparaît une immense couche remplie de tuiles qui s’appuie sur le mur aqueduc et qui est bordée au sud par une rangée discontinue d’énormes blocs de brèche. Mais qu’est ce que c’est que cette énorme structure ? Bon on verra tout ça plus tard, pour l’instant continuons le décapage.
 
La suite des travaux se passe bien et sans surprise majeure : nous décapons une partie du pont-canal en essayant de laisser intactes les couches riches en mobilier.
 
03.jpg                                           

Nous dégageons également la suite d’une structure assez récente déjà en partie fouillée l’année dernière. Il s’agit d’un petit bâtiment appuyé sur le mur aqueduc et d’une canalisation perçant ce même mur. Ces deux structures ont été interprétée en 2005 comme une occupation médiévale ou moderne et fonctionnant sûrement ensemble. En voici la suite.       

06.jpg                                                          

 


Allez on arrête là pour aujourd’hui, il est déjà 19 h et nous sommes tous fourbus par toutes ces émotions, et il est surtout très difficile de reprendre le rythme après un an assis devant mon clavier d’ordinateur. On file à l’auberge romaine, notre repaire, pour y reprendre des forces avant de nous écrouler de fatigue.

07.jpg
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article