Dimanche 18 juin : débarquement
Dimanche 18 juin :
Aujourd’hui c’est le grand jour, les premiers fouilleurs bénévoles doivent débarquer avec leurs paquetages et leurs illusions sur l’archéologie.
C’est également la journée du patrimoine de pays, ayant pour thèmes : l’eau. Tiens, ça tombe bien, dans un aqueduc il y a de l’eau (du moins il y avait), nous avons donc prévu d’ouvrir le site, fraîchement décapé, à la visite.
L’après-midi s’annonce chaude, nous arrivons à 14 h sur le site en espérant voir une foule nombreuse et avide de connaissance, pressée d’y admirer le merveilleux travail des archéologues. C’est raté il n’y a personne. C’est tellement raté qu’en tout dans l’après-midi nous aurons l’extrême honneur de recevoir une grosse vingtaine de visiteurs, dont la moitié sont les fameux bénévoles. Voilà une après-midi riche comme on les aime.
L’arrivée des premiers bénévoles, qui viennent pour 15 jours ou trois semaines de dur labeur mais qui ne le savent pas encore, se déroule très bien. Personne ne s’est trop perdu dans la pampa chasseronnaise et personne ne s’est fait dévoré par un mouton enragé. L’équipe est donc au complet, réunie autour d’un petit apéro, nous essayons de nouer les premiers contacts. Dur, dur, personne ne se connaît et tout le monde est très impressionné par ma prestance et mon aura surnaturelle. Du coup personne de parle. Je coiffe donc ma casquette de GO et c’est parti pour le rituel des tours de tables : « Bonjour je m’appelle machine je suis en deuxième année à l’université truc et je n’ai jamais fouillé ». Et oui, car les fouilleurs sont en réalité surtout des fouilleuses, sont toutes étudiantes (Poitiers, Bordeaux, Tours, Marseille, Alger, viendront bientôt des belges, des Lyonnais, des Lillois…) et ont plus ou moins (plutôt moins pour l’instant) d’expériences de fouilles.
Ah la la, le temps ne passe pas très vite. Heureusement, j’ai plus d’un tour dans mon sac, et après le repas, nous voilà tous engagé dans une fiévreuse partie de Chabadabada. Le principe en est simple : un mot, deux équipes et chacun son tour il faut chanter une chanson comprenant ce mot. Et c’est parti avec « amour ». « L’amour est enfant de bohême et n’à jamais, jamais connu de loi… ». « Quand on a que l’amour a offrir en partage… »…
L’avantage est double : les langues se délient, on commence à rigoler, et en plus toute la nuit nous chercherons des chanson inédites et au petit matin : « Fais-moi l'amour décadent fais-moi l'amour décalé. Tu vois les larmes sont faciles. Les armes infantiles nos âmes volatiles.»