Mardi 4 juillet : construction

Publié le par Gabriel Rocque

Le nettoyage de la partie est, entamé par les collégiens (beau boulot les jeunes) avance à grand pas. Là encore nous attaquons en priorité les coupes et les parements du mur de fondation de l’aqueduc.

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Ici vous apercevez un creusement dans les niveaux d’argile, remplie de gros morceaux de brèches. Les premières hypothèses avancées font état d’un drain, parallèle à l’aqueduc qui permettrait d’assainir et de drainer les eaux. A voir…






Le chantier de construction

Et voici le massif mur de fondation soutenant le pont-canal. C’est vraiment un travail de romain, titanesque : entre le creusement de la tranchée, la construction des 2 mètres de haut du mur sur 2,30 m de large et sur environ 150 m de long, sans parler de l’élévation, dont on ne retrouve presque plus rien. Et voilà l’imagination qui s’emballe…

Je visualise ces romains préparant le tracé à l’aide de la gromma (instrument permettant de réaliser des visées, c’est l’ancêtre de notre fameuse station totale). J’imagine ces esclaves qui transportent les pierres sur de lourdes charrettes, les blocs de granit tirés et charriés, les chèvres (machine à roue permettant de hisser des pierres en hauteur) actionnées…

Je discerne ces hommes ajustant le pendage du canal à l’aide de chorobates (ancêtre du niveau à bulle) de manière à donner une pente régulière et pas trop importante.

C’est toute une organisation, un chantier de construction.



Mais pour l’heure, allons plutôt faire un tour du côté des murs de fermeture d’arches. Nous les avons abandonnés hier à peine dégagés, et aujourd’hui…

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Le travail a plutôt bien avancé. Vous pouvez admirez le détail du parement, ou chaque pierre a fait l’objet d’un traitement dit de joint regarni. Pour Arnaud, maître tuilier mais aussi maître mortier, ces joints qui redessinaient les contours des pierres n’avaient pas de vocation esthétique particulière mais servaient plutôt à consolider et renforcer les murs. Force est de constater, que ces murets de fermeture ne sont pas très costauds, large de 50 cm ils s’abîment très facilement.

Alors que j’étais tranquillement en train de remplir mes fiches d’US (Unité stratigraphique, couche archéologique quoi) sur le bord de la fouille. L’un des nouveaux p’tits fouilleux m’interpelles avec vigueur : « Eh Oh chef ! C’est normal de trouver des galions espagnols dans des niveaux prétendument antiques ? ».

Arrrg. Mais pas du tout mon cher, on voit tout de suite au premier coup d’œil que cette monnaie est un sesterce d’Hadrien, qu’elle a été frappée à Rome vers 123-128 et qu’elle représente un personnage féminin tenant une patère. Non je fais mon crâneur la comme ça, mais en fait je ne l’ai su que beaucoup plus tard, quand un spécialiste de la numismatique romaine me l’a dit, et je le crois sur parole.


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